Évolution de la ségrégation socio-spatiale dans l’aire urbaine de Nantes entre 1990 et 2008

Abstract

L’objet de cet article est de proposer une méthode d’analyse de l’évolution de la ségrégation socio-spatiale en milieu urbain, à partir du cas de l’aire urbaine de Nantes, entre 1990 et 2008. Cette évolution est rarement mesurée, alors que le discours dominant repose le plus souvent sur l’inéluctabilité d’une aggravation de la ségrégation. Or, l’analyse révèle une déconcentration résidentielle généralisée et un recul des antinomies socio-résidentielles, sous l’effet notamment de la forte progression des cadres là où ils étaient sous-représentés, en particulier dans le périurbain.

Index

Mots-clés

ségrégation socio-spatiale, dynamique résidentielle, méthode, professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs), indice de ségrégation et de dissimilarité, aire urbaine de Nantes, France

Outline

Text

Le discours dominant portant sur la ségrégation sociale dans la ville française, qu’il émane de la sphère politique, médiatique mais aussi pour partie scientifique, admet le plus souvent, tel un truisme, l’inéluctabilité d’une aggravation de la ségrégation. Le succès du concept de mixité sociale, devenu central dans les politiques urbaines développées par de nombreuses collectivités territoriales, repose d’ailleurs sur ce constat. Cependant, si ces politiques publiques visent explicitement à combattre la ségrégation urbaine et son augmentation supposée par une injonction à la mixité sociale, force est de constater que nous sommes largement démunis pour savoir comment évolue en réalité la géographie socio-résidentielle des villes françaises. Autrement dit, les discours nombreux qui dénoncent la hausse de la ségrégation reposent plus sur des représentations que sur des faits avérés.

Cette absence fréquente d’une dimension diachronique dans l’analyse de la ségrégation urbaine peut s’expliquer par une triple contrainte méthodologique : l’évolution du découpage infra-communal par l’Insee est un obstacle majeur ; il est toujours délicat d’interpréter les résultats obtenus car la surreprésentation d’une catégorie socioprofessionnelle dans un secteur géographique donné n’a pas la même signification en termes de distance sociale à quelques dizaines d’années d’intervalle ; enfin, l’adoption par l’Insee d’une nouvelle nomenclature socio-professionnelle en 1982 impose au chercheur qui souhaite travailler sur une période relativement longue à reconstituer des séries homogènes. C’est pour pallier cette méconnaissance des dynamiques temporelles de la ségrégation sociale des villes françaises que nous proposons une méthode d’analyse permettant d’observer sur une période de vingt ans quasiment (1990-2008) l’évolution de la division sociale à l’échelle d’une aire urbaine, en l’occurrence celle de Nantes (découpage 1999, soit 82 communes).

Questions de méthodes

La variable utilisée pour mesurer l’évolution dans le temps des distances résidentielles au sein de l’aire urbaine de Nantes est la profession et catégorie socioprofessionnelle (PCS) de la personne de référence du ménage. La PCS offre une grille de lecture pertinente de l’espace social (Desrosières, Thévenot, 2002 ; Préteceille, 2006 ; Pierru, Spire, 2008), étant construite comme une synthèse de la profession, de la position hiérarchique dans la sphère professionnelle et du statut (salarié ou non). Cinq PCS d’actifs issues du niveau agrégé de la nomenclature sont prises en compte (les agriculteurs exploitants, numériquement très peu représentés, n’ont pas été pris en compte) : les artisans, commerçants et chefs d’entreprises, les cadres et professions intellectuelles supérieures, les professions intermédiaires, les employés et les ouvriers. L’unité spatiale retenue est l’IRIS1 ou, à défaut, la commune. Toutefois, 19 IRIS à vocation d’activités économiques exclusives ou presque, c’est-à-dire ayant moins de 500 habitants ou moins de 100 ménages en 1999, sont exclus de l’analyse. Au total, celle-ci porte sur 271 entités géographiques, soit 214 IRIS et 57 communes.

Trois séries d’indicateurs sont construits pour faire ressortir l’évolution entre 1990 et 2008 des distances résidentielles des cinq PCS d’actifs à l’échelle de l’aire urbaine de Nantes :

– La première consiste à mesurer les variations des niveaux de concentration et de distance résidentielle des PCS, en calculant les indices de ségrégation et de dissimilarité (Duncan, 1995). Le premier mesure l’inégale concentration spatiale des différentes catégories constitutives d’une population, le second la distance spatiale séparant ces catégories entre elles. L’échelle de variation de ces deux indices est comprise entre 0 et 100.

– La deuxième série d’indicateurs privilégie l’observation des trajectoires sociales des 271 IRIS ou communes entre 1990 et 2008. Pour chacune des cinq PCS d’actifs prises séparément, les IRIS ou communes ont été classés par quintile, selon la proportion en 1990 de la PCS. Le pourcentage d’augmentation entre 1990 et 2008 de la part de chaque PCS dans le total des actifs a ensuite été calculé pour ces différents quintiles. Si la valeur prise par cette variable augmente en passant du premier au cinquième quintile, c’est le signe que les logiques ségrégatives se renforcent, car cela signifie que la progression a été plus forte dans les territoires où cette PCS était déjà surreprésentée en 1990. En revanche, une atténuation des logiques ségrégatives peut être notée si la valeur prise par cette variable est décroissante du premier au dernier quintile.

– L’évolution des trajectoires sociales des types socio-morphologiques de l’aire urbaine de Nantes constitue la troisième série d’indicateurs. Ces types résultent du croisement de la structure sociale et de l’habitat. La période observée s’échelonnant de 1990 à 2008, c’est l’année médiane (1999) qui a été retenue pour l’établissement de cette typologie. La structure sociale est fondée sur une classification ascendante hiérarchique (CAH) en sept types, selon la proportion de chaque PCS à l’échelle des 271 entités géographiques2. Puis, cette structure socio-spatiale a été croisée avec une variable géographique (ville-centre, banlieue, périurbain) et sept autres caractérisant le type d’habitat, le statut d’occupation et l’âge des résidences principales.

Déconcentration résidentielle généralisée et recul des antinomies socio-résidentielles

Les cinq indices de ségrégation enregistrent une baisse généralisée entre 1990 et 2008 (tab. 1) : la moyenne est passée de 22,6 à 19,2, soit -3,4 points. Une tendance à la déconcentration résidentielle est donc bien à l’œuvre, tout particulièrement dans le haut de la hiérarchie socioprofessionnelle. La plus forte baisse concerne en effet les cadres : leur indice de ségrégation est passé de 31,3 à 24,8, soit -6,4 points. La diminution est en revanche plus contenue pour les quatre autres PCS : entre -1,8 et -3,9 points. Si les cadres demeurent avec les ouvriers les plus concentrés spatialement dans l’espace urbain nantais, ce phénomène s’atténue donc progressivement.

Tableau 1 – Évolution 1990-2008 des indices de ségrégation des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs) dans l’aire urbaine de Nantes

Image

L’examen des trajectoires sociales des IRIS et communes entre 1990 et 2008 confirme la tendance généralisée à la déségrégation socio-spatiale. D’une part, les rapports inter-quintiles pour chaque PCS, mesurant le rapport entre la moyenne obtenue dans les 20 % d’entités géographiques ayant la proportion d’un côté la plus forte et de l’autre la plus faible, diminuent entre le quart et la moitié (tab. 2). Les situations extrêmes se sont donc nettement rapprochées : le rapport inter-quintile le plus élevé n’est plus que de 3,40 en 2008 (celui des ouvriers), alors qu’il s’élevait à 6,56 en 1990 (celui des cadres). D’autre part, pour quatre PCS sur cinq, l’évolution de la part de ces PCS dans le total des actifs décroit du premier au dernier quintile, ce qui signifie que la hausse a été plus sensible dans les IRIS et communes où cette PCS était sous-représentée en 1990 (fig. 1). Seuls les ouvriers échappent à cette règle, car leur part a quasiment partout diminué, en lien avec leur très nette décroissance numérique : -7,2 points entre 1990 et 2008 (tab. 3).

Tableau 2 – Évolution 1990-2008 du rapport inter-quintile des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs) dans l’aire urbaine de Nantes

Image

Figure 1 – Évolution 1990-2008 de la part des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs) dans l’aire urbaine de Nantes pour chaque quintile de 1990

Image

Tableau 3 – Évolution 1990-2008 de la structure sociale dans l’aire urbaine de Nantes

Image

Cette déségrégation socio-spatiale s’accompagne assez logiquement d’une diminution généralisée des indices de dissimilarité : la moyenne est passée de 27,9 à 24,1, soit près de 3,8 points de baisse (tab. 4). La déconcentration résidentielle s’accompagne donc d’un processus d’atténuation des oppositions socio-spatiales inscrites dans l’habitat, les indices de dissimilarité entre les cadres et les catégories populaires diminuant nettement : -6,2 avec les ouvriers et -5,9 avec les employés.

Tableau 4 – Évolution 1990-2008 des indices de dissimilarité des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs) dans l’aire urbaine de Nantes

Image

« Embourgeoisement » du péri-urbain et stabilité des beaux quartiers

Les cadres jouent un rôle clé dans les dynamiques urbaines récentes, car c’est la PCS qui a connu l’évolution la plus spectaculaire en termes de géographie résidentielle et d’effectif. La dilatation de leur habitat est très nette : non seulement leur indice de ségrégation a fortement diminué, bien plus que ceux des quatre autres PCS d’actifs, mais leur progression à l’échelle des IRIS et communes est d’autant plus marquée qu’ils y étaient faiblement présents en 1990 (fig. 1). Dans le premier quintile, la proportion de ménages cadres a plus que doublé (+ 111 %), alors qu’elle est restée stable dans le dernier quintile. Entre ces deux extrêmes, l’augmentation diminue graduellement du deuxième quintile (+ 72 %) au troisième (+ 57 %) puis au quatrième (+ 25 %). Certes, les cadres restent toujours, avec les ouvriers, plus concentrés spatialement que les autres PCS, mais leur singularité dans l’espace urbain nantais s’atténue progressivement. Leur géographie résidentielle est beaucoup moins exclusive qu’elle ne l’a été, du fait de leur installation en proportion significative dans les territoires où ils étaient auparavant sous-représentés. Autrement dit, un processus d’embourgeoisement des zones d’habitat plus populaires ou des communes périurbaines est à l’œuvre, en lien avec la forte croissance numérique des cadres : leur part a progressé de 5,3 points entre 1990 et 2008 et l’effectif de ménages cadres a augmenté dans 90 % des IRIS ou communes.

Les sept types socio-morphologiques sont tous marqués par une augmentation de la proportion de cadres (fig. 2), ce qui montre bien leur tendance à la déconcentration spatiale. Il n’y a que dans le type 1, identifiant les beaux quartiers centraux ou péricentraux et quelques secteurs de belle banlieue, que la progression des cadres est très limitée, alors que la hausse est très significative en dehors de ces beaux quartiers (entre un quart et jusqu’à trois-quarts). Cela confirme que là où les cadres étaient déjà fortement surreprésentés ils le restent, mais que dans les types où ils étaient sous-représentés leur progression est très nette. Ces évolutions redessinent la cartographie socio-spatiale du territoire.

Figure 2 – Évolution 1990-2008 de la part des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs) dans l’aire urbaine de Nantes pour chaque type socio-morphologique de 1999

Image

Globalement, c’est la composition sociale de la couronne périurbaine qui a été la plus profondément transformée entre 1990 et 2008. Certes, les cadres y sont toujours en moindre proportion que dans le pôle urbain, mais leur sous-représentation s’atténue. L’analyse des transformations sociales des sept types socio-morphologiques confirme cette réduction des écarts socio-territoriaux (fig. 3). C’est la composition sociale du type 4 et, de façon encore plus évidente, du type 7 qui a le plus changé entre 1990 et 2008, sachant que 90 % des communes ou IRIS du péri-urbain sont réunis dans ces deux types. Ce sont précisément ces deux types ont été les principaux bénéficiaires de l’extension de l’aire résidentielle des cadres (jusqu’à 76 % de croissance de leur part dans le type 7).

Figure 3 – Évolution 1990-2008 de la structure sociale des types socio-morphologiques de l’aire urbaine de Nantes

Image

Bien évidemment, ce constat d’un embourgeoisement du périurbain mériterait d’être nuancé, car ce sont probablement, du moins pour partie, des ménages cadres ayant une capacité d’épargne et d’endettement inférieure à la médiane de cette PCS qui s’installent dans ce périurbain. Un examen attentif montrerait sans doute l’hétérogénéité de cette population cadre, selon différentes lignes de clivages : positionnement dans le cycle de vie (l’arrivée d’enfants est un facteur de migration vers le périurbain pour toutes les PCS), positionnement professionnel (un jeune cadre n’a pas le même pouvoir d’achat immobilier qu’un cadre confirmé), degré d’endogamie sociale au sein du couple, niveau de revenu du conjoint, ou encore secteur d’activité investi par le cadre.

Conclusion

L’atténuation de la ségrégation sociale est très nette dans l’aire urbaine de Nantes au cours des années 1990 et 2000. Les indices de ségrégation et de dissimilarité des PCS, mais aussi les rapports inter-quintiles sont tous orientés à la baisse. Cette réduction des écarts sociaux inscrite dans le territoire ne prend sens cependant qu’en observant simultanément les mutations de la structure sociale et ses effets spatiaux. Autrement dit, c’est parce que les lignes de force qui commandent la structure sociale bougent que la géographie socio-résidentielle se transforme.

Très clairement, la réduction de la place des ouvriers et la progression des cadres constituent deux processus simultanés qui ne peuvent être neutres spatialement, d’où une série de déformations des aires résidentielles de ces deux groupes sociaux. La part de ménages ouvriers recule de manière relativement uniforme dans les sept types socio-morphologiques identifiés à l’échelle de l’aire urbaine de Nantes. À l’inverse, les cadres occupant une place grandissante au sein de la structure sociale, leur habitat s’élargit à l’échelle de l’aire urbaine. Certes, ils maintiennent leur domination relative dans les beaux quartiers, mais cette pérennité ne doit pas masquer l’essentiel : les cadres sont nettement plus nombreux en 2008 qu’en 1990 partout, et tout particulièrement dans les deux types socio-morphologiques qui réunissent l’essentiel des territoires périurbains. À l’inertie relative des beaux quartiers correspond donc des modifications en profondeur de la structure sociale de la couronne périurbaine, dans le sens de son embourgeoisement : le rapport entre la proportion de ménages ouvriers et de ménages cadres a ainsi été divisé par deux au cours des années 1990 et 2000.

1 « Ilots Regroupés pour l’Information Statistique » : ce découpage, maille de base de la diffusion de statistiques infracommunales de l’INSEE

2 Cette classification a été réalisée par Sophie Vernicos, membre de l’Institut de géographie de l’Université de Nantes et de l’UMR CNRS 6590 ESO.

Bibliography

DESROSIÈRES A., THÉVENOT L., 2002. Les catégories socio-professionnelles, Paris, La découverte, 121 p.

DUNCAN O.D., DUNCAN B., 1955. A methodological analysis of segregation indexes, American Sociological Review, volume 20, no 2, pp. 210-217.

PIERRU E., SPIRE A., 2008. Le crépuscule des catégories socioprofessionnelles, Revue française de science politique, no 3, Volume 58, pp. 457-481.

PRÉTECEILLE E., 2006. La ségrégation sociale a-t-elle augmenté ? La métropole parisienne entre polarisation et mixité, Sociétés Contemporaines, no 62, pp. 69-93.

Notes

1 « Ilots Regroupés pour l’Information Statistique » : ce découpage, maille de base de la diffusion de statistiques infracommunales de l’INSEE, constitue une partition du territoire de ces communes en « quartiers » dont la population est de l’ordre de 2 000 habitants.

2 Cette classification a été réalisée par Sophie Vernicos, membre de l’Institut de géographie de l’Université de Nantes et de l’UMR CNRS 6590 ESO.

Illustrations

Tableau 1 – Évolution 1990-2008 des indices de ségrégation des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs) dans l’aire urbaine de Nantes

Tableau 1 – Évolution 1990-2008 des indices de ségrégation des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs) dans l’aire urbaine de Nantes

Tableau 2 – Évolution 1990-2008 du rapport inter-quintile des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs) dans l’aire urbaine de Nantes

Tableau 2 – Évolution 1990-2008 du rapport inter-quintile des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs) dans l’aire urbaine de Nantes

Figure 1 – Évolution 1990-2008 de la part des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs) dans l’aire urbaine de Nantes pour chaque quintile de 1990

Figure 1 – Évolution 1990-2008 de la part des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs) dans l’aire urbaine de Nantes pour chaque quintile de 1990

Tableau 3 – Évolution 1990-2008 de la structure sociale dans l’aire urbaine de Nantes

Tableau 3 – Évolution 1990-2008 de la structure sociale dans l’aire urbaine de Nantes

Tableau 4 – Évolution 1990-2008 des indices de dissimilarité des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs) dans l’aire urbaine de Nantes

Tableau 4 – Évolution 1990-2008 des indices de dissimilarité des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs) dans l’aire urbaine de Nantes

Figure 2 – Évolution 1990-2008 de la part des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs) dans l’aire urbaine de Nantes pour chaque type socio-morphologique de 1999

Figure 2 – Évolution 1990-2008 de la part des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS d’actifs) dans l’aire urbaine de Nantes pour chaque type socio-morphologique de 1999

Figure 3 – Évolution 1990-2008 de la structure sociale des types socio-morphologiques de l’aire urbaine de Nantes

Figure 3 – Évolution 1990-2008 de la structure sociale des types socio-morphologiques de l’aire urbaine de Nantes

References

Electronic reference

François Madoré, « Évolution de la ségrégation socio-spatiale dans l’aire urbaine de Nantes entre 1990 et 2008 », Cahiers Nantais [Online], 1 | 2014, Online since 05 March 2021, connection on 19 August 2022. URL : http://cahiers-nantais.fr/index.php?id=1274

Author

François Madoré

Géographe, Université de Nantes, UMR 6590 ESO-Nantes

By this author

Copyright

© Copyright